Des chercheurs du groupe de navigation et d'océanographie de l'UCL ont développé un nouveau modèle de risques climatiques pour la navigation, visant à surmonter une limitation clé des outils financiers et de contrôle modernes.
Selon les rapports, le modèle analyse les navires selon 384 scénarios internes cohérents, combinant diverses hypothèses sur la réglementation, les prix du carburant et les coûts technologiques. Il a été initialement appliqué à plus de 2000 navires commerciaux du registre mondial de la flotte Clarksons, produisant une évaluation reflétant dans quelle mesure chaque navire est exposé aux risques dans des conditions de transitions futures potentielles.
L'approche repose sur le concept d'« actifs bloqués », mais utilise la théorie des options réelles, considérant la flexibilité, comme la conversion ou le changement de carburant, comme une source de valeur. Une conséquence clé est que les navires prêts à être convertis et ceux ayant des voies d'utilisation de carburant adaptatives sont généralement plus résilients, tandis que les navires traditionnels, qui ne peuvent pas être convertis, peuvent faire face à un risque de transition plus élevé.
« Jusqu'à présent, il n'y avait pas de moyen unique dans l'industrie pour comparer les risques de transition entre des navires individuels ou des portefeuilles. Nous voulions créer quelque chose que les propriétaires, les affréteurs et les financiers pourraient réellement utiliser pour déterminer quels actifs sont à risque et quelles caractéristiques rendent un navire plus résilient », a déclaré le Dr Marie Fricaudet, chercheuse senior du groupe de navigation et d'océanographie de l'UCL et auteur principal de l'étude.
Caractéristiques clés de la résilience des navires
- Âge : L'âge du navire est le facteur de risque de transition le plus important. Les navires plus anciens ont une durée de vie plus courte, ce qui signifie qu'une plus petite partie de leur exploitation se déroule pendant les phases les plus strictes de la transition énergétique. À conditions égales, un navire de 15 ans a une évaluation du risque de transition 63 % inférieure à celle d'un navire neuf.
- Efficacité énergétique : Les navires avec une intensité énergétique de conception faible sont constamment plus résilients. Les navires efficaces économisent du carburant et font face à des coûts de conformité plus bas, en particulier dans les scénarios les plus défavorables.
- Optionnalité : La capacité d'un navire à passer d'un type de carburant à un autre, à être converti pour des technologies alternatives ou à différer les décisions d'investissement jusqu'à ce que l'incertitude soit levée. Dans des conditions d'incertitude, l'optionnalité devient une source de valeur économique.
L'analyse montre également qu'en raison de l'incertitude actuelle des politiques de l'OMI, des navires anciens relativement efficaces, en particulier ceux dotés de technologies d'assistance à la voile ou de la capacité d'utiliser deux types de carburant (GNL), peuvent sembler moins risqués que prévu, car ils conservent une flexibilité en l'absence de signaux politiques clairs à long terme.