
Les procédures de travail dans des espaces confinés existent depuis des décennies, mais des vies continuent de se perdre. Il est temps de déplacer l'accent de la conformité réglementaire vers des solutions d'ingénierie qui préviennent les erreurs fatales avant qu'elles ne se produisent, écrit Pradip Chawla de MarinePALS.
Il existe des risques en navigation que personne ne peut sous-estimer. L'entrée dans des espaces confinés en est un. Chaque marin sait que les espaces confinés peuvent être mortellement dangereux. Chaque opérateur est conscient des exigences. Des autorisations, des exercices, des listes de contrôle et des modules de formation existent déjà, et ce message est répété dans l'industrie depuis de nombreuses années. Pourtant, des personnes continuent de mourir dans des espaces où elles ne devraient pas entrer, ou entrent sans les précautions nécessaires.
C'est pourquoi la table ronde révisée de l'OMI sur l'entrée dans des espaces confinés est importante et bienvenue. Toute mesure qui renforce la formation, améliore les vérifications à bord et renforce les pratiques de sécurité mérite d'être soutenue.
Chez MarinePALS, nous avons mis à jour notre programme de formation sur le travail dans des espaces confinés, y compris notre série de vidéos de formation en six parties et notre module CBT, pour refléter les recommandations révisées.
Mais cela ne doit pas devenir une autre vague de paperasse suivie d'une autre vague de rappels. Nous sommes déjà passés par là. Un incident grave se produit, une enquête confirme ce qui a mal tourné, l'industrie répète les avertissements, et les équipages reçoivent à nouveau des instructions pour suivre la procédure. À un moment donné, nous devons nous poser la question de savoir si les procédures sont suffisamment strictes.
Ce n'est pas un argument contre la formation, les procédures ou la réglementation. Elles sont nécessaires, et personne de responsable ne dirait le contraire. Mais ce n'est pas toute la réponse, car tout dépend des personnes qui doivent faire le bon choix à chaque fois, même lorsqu'elles sont fatiguées, sous pression, travaillent par routine ou sont entourées de l'idée que le travail est sûr parce qu'il a été effectué auparavant.
Ce n'est pas un problème de marins. C'est un problème de système. Si nous savons que les gens peuvent sauter une étape, prendre des raccourcis, mal comprendre le risque ou s'habituer trop à un travail familier, alors nos systèmes de sécurité doivent refléter cette réalité. Nous ne devons pas continuer à ajouter des instructions et ensuite être surpris lorsque l'une de ces instructions est manquée quelque part dans le monde.
La prochaine étape doit consister à rendre l'entrée non sécurisée plus difficile dès le départ. Cela signifie une approche plus sérieuse pour rechercher des solutions d'ingénierie, telles que des systèmes fixes de détection de gaz, des barrières verrouillées qui empêchent l'entrée dans un espace non sécurisé, des systèmes d'alerte, des améliorations de conception qui éliminent ou réduisent considérablement la nécessité d'entrer dans des espaces confinés, et d'autres mesures de précaution qui empêchent le développement d'une situation dangereuse avant qu'une personne ne se retrouve en danger.
La formation sera toujours importante, mais elle doit être soutenue par des mesures qui ne dépendent pas uniquement de la mémoire, du jugement et du comportement idéal en situation de danger. L'objectif ne doit pas être simplement de répéter encore et encore aux équipages que les espaces confinés sont dangereux, ou d'ajouter plus d'enregistrements et de listes de contrôle. L'objectif doit être de rendre beaucoup plus difficile de commettre une erreur.
La table ronde révisée offre à l'industrie un moment utile pour mettre à jour son approche, mais elle doit également nous inciter à être plus honnêtes sur ce qui n'a pas fonctionné. Les morts dans des espaces confinés restent obstinément difficiles à éliminer, car la réponse est trop souvent centrée sur ce que les gens doivent faire, et non sur la façon dont le système peut les empêcher de se retrouver dans une telle situation.

