La décarbonisation du transport maritime représente l'une des tâches les plus complexes pour l'industrie, nécessitant des changements fondamentaux dans la conception, le financement, la construction et l'exploitation des navires, comme le souligne une nouvelle étude d'EY Greece.
EY-Parthenon, un cabinet de conseil stratégique mondial au sein de l'organisation EY, affirme que la transition vers un transport maritime plus propre ne peut pas être considérée simplement comme une conformité aux réglementations ou un simple passage à des carburants alternatifs.
Le succès des efforts de décarbonisation du secteur dépendra de la volonté de l'écosystème maritime plus large, y compris la disponibilité de carburants alternatifs, le développement d'infrastructures de soutien, l'accès au financement et la capacité du marché à absorber des coûts de transition plus élevés.
Comme le souligne l'étude, la décarbonisation du transport maritime sera façonnée par l'efficacité avec laquelle le système aligne la politique, le carburant, l'infrastructure et le capital, et non seulement par des réglementations. Étant donné que plus de 80 % des marchandises échangées dans le monde sont transportées par mer, le transport maritime est non seulement crucial pour le commerce mondial, mais constitue également la base de la continuité de la chaîne d'approvisionnement et de la résilience économique.
Bien que les navires fonctionnant au carburant alternatif représentent environ 7 % de la flotte actuelle contre 52 % dans les commandes, cet élan ne conduit pas automatiquement à un déploiement rapide.
La transition de la flotte est limitée par la capacité physique de l'industrie de la construction et de la réparation navale, où une capacité de chantier limitée, une infrastructure spécialisée et des délais de livraison longs constituent des facteurs restrictifs qui ne peuvent pas être accélérés par le financement ou la réglementation.
Le renouvellement de la flotte a une empreinte carbone significative.
Les navires océaniques modernes sont conçus pour une longue durée de vie, souvent de 25 à 30 ans ou plus, ce qui signifie qu'un retrait anticipé de la circulation, provoqué par la pression politique pour passer à des carburants à zéro émission (NZF), pourrait entraîner des conséquences environnementales imprévues.
Selon l'étude, un plan de décarbonisation pour le secteur est nécessaire pour traduire les ambitions de transition du transport maritime en une feuille de route claire et réalisable.
Le plan doit fournir une vue d'ensemble complète des réglementations applicables, des voies viables de décarbonisation, des contraintes de demande et d'offre, ainsi que des besoins financiers du secteur, y compris les coûts de conformité, les dépenses opérationnelles supplémentaires (OPEX), les besoins en investissements en capital (CAPEX) et les déficits financiers potentiels.