Le Canada a fait un pas vers l'ouverture d'une nouvelle grande route pour l'exportation de pétrole vers l'Asie, en faisant avancer ses plans pour la construction d'un pipeline sur la côte pacifique, qui pourrait ajouter plus d'un million de barils par jour à la capacité de chargement des pétroliers en Colombie-Britannique du Sud.
Le Premier ministre Mark Carney et la Première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, ont présenté le tracé proposé cette semaine, affirmant que la ligne s'étendra de Bruderheim, au nord-est d'Edmonton, jusqu'à la côte sud de la Colombie-Britannique, suivant principalement le corridor existant de Trans Mountain. Le projet vise à réduire la dépendance du Canada vis-à-vis du marché américain et à offrir un meilleur accès au pétrole de l'Alberta pour les acheteurs asiatiques.
Le projet renforcera la position du Canada en tant qu'exportateur de pétrole sur le Pacifique et créera un nouveau commerce de longs pétroliers Aframax et potentiellement Suezmax vers l'Asie, en fonction de la configuration des terminaux, de la taille des cargaisons et de la demande des acheteurs.
L'expansion de Trans Mountain, qui a commencé à fonctionner en mai 2024, a déjà modifié les flux de pétrole canadien. Le régulateur énergétique du Canada a rapporté que l'expansion a presque triplé la capacité du système Trans Mountain à 890 000 barils par jour et a augmenté la capacité d'exportation de l'ouest du Canada d'environ 700 %. En moyenne, 23 navires par mois ont quitté le terminal maritime de Westridge de juin 2024 à juillet 2025.
La demande asiatique joue déjà un rôle significatif. Environ deux tiers de toutes les exportations canadiennes de pétrole du système Trans Mountain ont été dirigées vers la région Asie-Pacifique au cours de l'année précédant novembre 2025, avec plus des trois quarts du pétrole lourd de Vancouver étant expédiés vers cette région.
Le nouveau pipeline reste une question politiquement et écologiquement sensible. Carney a déclaré que le Canada maintiendrait l'interdiction des pétroliers transportant du pétrole au large de la côte nord de la Colombie-Britannique, tandis que le tracé sud proposé restera dans le cadre du corridor énergétique déjà établi.