Plus de quatre décès sur cinq parmi les sinistres d’équipage examinés par Britannia P&I ont été causés par des maladies plutôt que par des accidents. La principale cause de décès à bord a été les maladies cardiovasculaires.
Le nouveau rapport des demandes d’assurance de Britannia liées aux équipages couvre près de 3 000 cas pour les périodes d’assurance 2023/24 et 2024/25. Selon l’étude, 81 % des décès étaient liés à des maladies et 19 % à des blessures. Les maladies cardiovasculaires représentaient 58 % des décès liés à des maladies.
Dans la structure globale des demandes d’équipage, les maladies ont représenté 60 %, les blessures 36 % et les décès 4 %. Le gestionnaire de navires Anglo-Eastern avait déjà indiqué que les maladies, les blessures et autres incidents impliquant des membres d’équipage dominaient son portefeuille actuel de réclamations en assurance responsabilité des armateurs.
Risques pour les jeunes marins
Britannia a identifié une autre tendance inquiétante : les suicides et les disparitions en mer concernaient de manière disproportionnée les marins des groupes d’âge plus jeunes. Bien que le nombre de ces incidents reste relativement limité, une tendance similaire est observée dans les données du club sur quatre ans.
«La sécurité en mer est souvent perçue sous l’angle des accidents et incidents opérationnels, mais notre dernière analyse des demandes d’assurance révèle une autre réalité», a déclaré Jacob Damgaard, responsable de la prévention des pertes chez Britannia.
Traumatismes et maladies courantes
Les risques de blessures demeurent significatifs. Les lésions des mains et des doigts ont constitué 27 % des demandes liées aux blessures. Plus du tiers des décès dus à des traumatismes étaient liés à une chute à la mer.
Les maladies abdominales sont devenues la plus grande catégorie des demandes médicales. Un problème distinctement mis en avant concerne les calculs rénaux liés à la déshydratation chez les équipages travaillant dans des climats chauds.
Les résultats obtenus alimentent le débat sur la nécessité d’un suivi médical préventif en mer. De nombreux problèmes de santé courants deviennent graves en raison de retards dans les soins, et le manque d’intimité à bord peut dissuader les marins, notamment les plus jeunes, de demander de l’aide.
Britannia estime que le secteur doit porter davantage d’attention non seulement à la prévention des accidents, mais aussi au dépistage cardiovasculaire, au contrôle régulier de la santé et au bien-être psychologique des marins.